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Articles de presse

"Trois questions à Lucile Bernard"


Trois questions à….
Lucile Bernard


"Donner la parole aux petites gens"

Qu'est-ce qui vous a poussée à écrire ce livre ?

"Mon but est de donner la parole aux petites gens, aux voix du silence. Je suis très proche des enfants et des adolescents, j'ai l'impression de les comprendre et c'est à eux que je rends hommage dans mes nouvelles. Je suis également très touchée par les problèmes d'intolérance et de maltraitance. Cela fait douze ans que je vis à Marrakech et j'essaie d'être en résonnance avec ce que je vois. Je construis mes histoires nécessairement à partir de faits de société réels et j'y introduis de la fiction. Mon but est d'imprimer un souffle d'espoir par la poésie et les mots dans chacun de mes récits."


Y-a-t-il ainsi une place pour votre propre réalité ?

"Je m'inspire également de mon propre vécu, de mon enfance passée à Annecy. Ma mère habitait aux Marquisats. Je retrace par exemple dans ma nouvelle "Toute une vie" l'histoire d'un arbre encore viable et plein de vigueur qu'on a coupé sans véritables raisons tout près de chez elle. J'ai suivi un drôle de type qui s'insurgeait contre cette destruction et c'est cette histoire que je loge dans ce récit. Je m'inspire de ce que je vis aujourd'hui et je puise dans me racines, mon but étant toujours de raconter des histoires pleines d'espoir. Je m'inspire aussi beaucoup des femmes et de la féminité, j'ai l'impression d'avoir le devoir de les faire parler. Au Maroc, elles ne sont pas souvent écoutées et les premières critiques du pays traduisent mon livre comme "un hymne contre le sexisme et la maltraitance si ça, ce n'est pas une grande preuve d'écoute !"



Pourquoi avoir choisi l'exercice de style lié à la nouvelle ?

"Le roman est une forme à laquelle je ne peux pas m'exercer, faute de temps Je dirige un centre de création artistique à Marrakech et c'est assez chronophage. Le style de la nouvelle est plus concis, plus direct. C'est un exercice qui m'intéresse. J'ai toujours aimé raconter des histoires et ce livre, c'était un peu comme une urgence. J'étais portée par l'inspiration, et l'importance du témoignage. C'est un livre qui n'est sorti qu'en novembre, mais j'ai déjà beaucoup de bons échos, tout a été très vite dès la parution. Je crois que les gens ont compris mon projet et ont vu la lumière malgré la turpitude

Chloé Bruhat

Le Dauphiné Libéré, février 2013


... C'est un livre qui n'est sorti qu'en novembre, mais j'ai déjà beaucoup de bons échos, tout a été très vite dès la parution. Je crois que les gens ont compris mon projet et ont vu la lumière malgré la turpitude

Auteur concerné :

Lucile Bernard


dernière mise à jour : 25 juin 2017 | © Amarante 2017 |mentions légales