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Articles de presse

Journée mondiale de la femme

Al Bayane Presse 8 mars 2013



Lucile Bernard

"Je suis assez pessimiste sur la situation actuelle
de la femme dans le monde…"

Lucile Bernard est fondatrice du Centre de Création Artistique Riad Sahara Nour à Marrakech. Elle y est installée depuis 2000 et œuvre pour le rapprochement et le dialogue entre les cultures. En effet, comme les autres femmes qui militent pour l'avenir de la cause dite féminine, Lucile Bernard se bat à sa manière en dévoilant, via l'écriture, ce non-dit de la société contemporaine. Dans ce spéciale dédié aux femmes en fêtant leur journée, la créatrice nous parle à cœur ouvert sur la situation actuelle de la femme dans le monde.

Que pensez-vous de la citation de l'existentialiste, Simone de Beauvoir, qui disait la chose suivante : "On ne naît pas femme, on le devient." ?
Contrairement à Simone de Beauvoir, je pense que la femme naît femme, du moins dans la majorité des cas. C'est après que commence tout le chemin du devenir, de l'éclosion de l'identité à travers l'éducation, l'apprentissage de la vie, l'identification aux modèles masculins et féminins que l'on va côtoyer durant notre enfance. Viendra ensuite la question du choix, de la remise en question de tous ces acquis, capitale pour devenir qui on est véritablement, devenir notre femme intérieure, un être unique. La Femme.

Sachant que la société contemporaine est souvent enlisée dans la violence et la régression au niveau de la concrétisation des vraies valeurs et des droits humains. D'après vous, comment envisagez-vous la situation actuelle de la femme à travers le monde ?
Je suis assez pessimiste sur la situation actuelle de la femme dans le monde que ce soit en Asie, en Afrique ou même en Occident. On a avancé déjà mais beaucoup de choses restent encore à faire. Les femmes ont toujours du mal à faire entendre leur voix, elles sont encore considérées dans certaines cultures comme des êtres inférieurs. Il y a une inégalité parfois flagrante dans l'éducation fille, garçon, la fillette étant éduquée, dès son plus jeune âge, pour être au service de l'homme, inégalité qui se répète dans les codes éducatifs et dont les mères sont aussi responsables. Il faut briser ces schémas, introduire un système égalitaire, une parité entre l'homme et la femme.

Pour quelle cause écrivez-vous ?
Pour moi, l'écriture ne se guide pas. Elle vit à l'intérieur se nourrit des choses de la vie. Elle peut servir ou non une cause, cela dépend. Dans "Dernières nouvelles avant le jour", elle s'est imposée à moi comme une urgence, l'urgence de dire, témoigner. C'est ce que j'ai fait à travers ces dix-sept récits.

Quels sont vos souhaits en matière de la condition féminine pour les prochaines années ?
Une mise à jour des lois concernant les femmes afin de protéger leurs droits et leur intégrité en tant qu'individu, l'accès à l'éducation, une éducation plus paritaire au sein de la famille, la fin de la maltraitance et de l'objectivation de la femme souvent victimes de viols ou harcèlement sexuel Il faut en finir avec la diabolisation faite autour de la femme toujours coupable de… Il faut que l'homme réalise qu'il est autant responsable, il doit éduquer ses pulsions. Je le répète, tout commence par l'éducation.

Un mot de la fin aux femmes du monde à cette occasion ?
Je dirai : soyez vous-même dans ce que vous avez d'unique, de beau, de vrai. Soyez dans votre féminité, toute différente de l'homme mais aussi complémentaire. Soyez une Femme tout simplement et vivez le jusqu'au bout…

Mohamed Nait Youssef

AL BAYANE, mars 2013

Auteur concerné :

Lucile Bernard


dernière mise à jour : 22 octobre 2017 | © Amarante 2017 |mentions légales